Télévision technologique | Technologie télévisuelle

Au cours des dernières semaines, on a pu lire sur les blogues des collègues du cours CRM809 des résumés et critiques d’ouvrages portant sur les communications, les technologies et leurs enjeux. Si le mien portait sur le livre Groundswell de Charlene Li et Josh Bernoff, celui de Cynthia Boucher s’attardait sur La télévision à l’ère d’Internet de Jean-Paul Lafrance.

Depuis près de 60 ans, la télévision a connu de nombreuses transformations, mais a toujours su continuer à s’imposer dans l’univers média. D’abord média d’information, d’éducation et de distraction, le petit écran a doucement évolué afin de devenir également le reflet du quotidien de ses auditeurs. Et depuis quelques années, la vitesse à laquelle non seulement la télévision en elle-même mais aussi notre façon de la consommer ont changé a connu une poussée fulgurante.

L’arrivée du Web 2.0 crée une proximité nouvelle avec le téléspectateur (après une proximité tant imaginée autrefois, alors que l’on soignait sa tenue vestimentaire au moment de s’installer devant le petit écran, croyant que les personnages illuminés qui y prenaient vie et qu’on admirait tant pouvaient également voir ce qui se passait dans chaque foyer). La téléréalité a créé certes  une dynamique nouvelle et conduit à l’émergence d’une nouvelle tendance: l’instantanéité. Non seulement le public peut-il devenir maître du destin télévisuel, mais on voit et peut vivre le monde dans l’immédiat (ou presque), alors qu’autrefois, les contenus télévisuels étaient développés et travaillés des mois durant. Voilà qui peut déjà métamorphoser toute une industrie!

Le Web 2.o a favorisé une sorte de « détournement social d’internet »: le public en a repris possession, au détriment des concepteurs originaux et souvent des organisations. Thème largement abordé dans Groundswell, d’ailleurs.

Ce rapport en temps « réel » gagne en importance avec l’utilisation de plusieurs écrans en simultanés par un téléspectateurs: le petit écran n’est plus nécessairement le seul centre de l’attention. Il y a la télévision sociale (avec les réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook par exemple), oui. Mais il ne faut pas oublier que le consommateur du petit écran élargit bien au-delà ses habitudes. Comme nous l’avons vu dans le cadre du cours, le fascinant « deuxième écran » occupe de plusieurs façons. En effet, en 2012 aux États-Unis, 60% vérifiaient aussi leurs courriels, 46% naviguaient à la recherche d’information non liés à l’émission télévisée qu’ils visionnent, 42% erraient sur les réseaux sociaux, 30% appréciaient (ou non) des résultats sportifs. Enfin, 29% des spectateurs utilisant un second écran rehausseraient leur expérience télévisuelle en cherchant des contenus en lien avec ce qu’ils regardent au petit écran.

La chaîne de valeurs se réorganise. Alors que producteurs, télédiffuseurs, distributeurs et récepteurs se suivaient un à la suite de l’autre dans une séquence chronologique conduisant, ultimement au consommateur (au spectateur), tout converge désormais directement vers ce dernier.

Les audiences se déplacent: on ne consomme plus la télévision uniquement aux heures prescrites par le téléhoraire. Non.

La télévision doit s’adapter à de nouvelles exigences, tant au niveau du format que de l’accessibilité. Et l’offre télévisuelle en ligne en témoigne largement. On n’a qu’à penser à tou.tv ou Netflix ou medici.tv pour la musique classique. Ajoutons à cela webséries, chaînes spécialisées, chaînes Youtube et contenus vidéo exclusifs.

Heidegger soutenait que les mondes émergent de la rencontre des humains avec la réalité. Or, lorsque la réalité devient un univers débordant de nouvelles tendances technologiques, dans quel monde vivons-nous? La télévision telle que nous la consommons aujourd’hui, avec ces écrans qui nous permettent d’interagir en direct, de rehausser notre expérience ou tout simplement d’accomplir plusieurs tâches simultanément, nous transforme-t-elle en cyborg?

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À propos de Groundswell

Chose promise, chose due. Il y a quelques semaines, j’annonçais en grande pompe que je plongeais dans la lecture de Groundswell, de Charlene Li et Josh Bernoff. Voici donc enfin le moment de partager ici une petite partie de ce que j’ai tiré de cet ouvrage étoffé dont les idées sont si clairement exposées et détaillées. Sans faire un résumé interminable, je ne m’attarderai qu’à certaines notions. Je soulignerai au passage que le nombre astronomique d’exemples et d’études de cas – qui sont hyper intéressantes – ont grandement facilité la compréhension du lecteur que je suis.

Qu’entend-on par « groundswell »?!

Retourons d’abord au précédent billet…

« Selon les auteurs, il s’agit d’une tendance sociale par laquelle les gens utilisent les technologies pour obtenir ce dont ils ont besoin grâce aux autres, plutôt que grâce aux entreprises traditionnelles. Et cette tendance ne cesserait de s’accélérer et gagner en importance. »

Pour saisir comment les internautes participent au groundswell, il faut connaître leurs différents « social technographics profiles ». Sur le Web, on trouve essentiellement:

  • Des créateurs de contenus;
  • Des « dialogueurs », qui participent activement à la conversation;
  • Des critiques, qui réagissent;
  • Des collectionneurs, qui cumulent des informations;
  • Des personnes qui se joignent aux réseaux sociaux et entretiennent des profils virtuels;
  • Des spectateurs, qui consomment ce qui est produit par les autres énumérés ci-dessus;
  • Des inactifs, qui ne participent pas.

Précisions que ces différentes catégories ne sont pas exclusives:  un créateur pourra aussi être collectionneur et spectateur à d’autres moments.

Rapidement, les technologies du groundswell qui permettent la participation et l’établissement d’une certaine relation sont :

  • blogues, podcasts et contenus générés par les utilisateurs;
  • Les réseaux sociaux et virtuels;
  • Les wikis et « open source »;
  • Les forums, évaluations et critiques;
  • Les mots-clés / tags;
  • Les fils rss et les widgets.

Comment s’y aventure-t-on?

Il importe de clarifier les objectifs que l’on vise en tant qu’organisation, et de prendre le temps de saisir les attentes et capacités des publics ciblés. Puis, il devient possible d’élaborer une stratégie et de plonger dans le groundswell. Pour une entreprise, il est essentiel de réfléchir à la façon dont on souhaite s’engager auprès de ses consommateurs, et à la manière dont cet engagement gagnera en importance au fil du temps. En connaissant les profils techonologiques des consommateurs, il sera logiquement possible de faire le choix d’une technologie adéquate pour les atteindre. La stratégie doit aussi être adaptée à l’organisation et à sa capacité d’adaptation et de réaction.

Bien entendu, il faut être conscient et accepter le fait que tout n’ira pas nécessairement comme prévu, et ce malgré tout le travail préparatoire effectué. Dans ce cas, il faut respirer, et prendre le temps de revenir à la source, car le groundswell est un mouvement quasi non arrêtable.

Les auteurs identifient 5 objectifs corporatifs principaux qui permettent de plonger dans le groundswell de 5 façons:

1. En écoutant…

On peut être attentif aux opinions émises à notre sujet (grâce à une communauté créée ou en « écoutant » les « internets » – monitoring sur les blogues, forums, réseaux sociaux), car peu importe nos actions, notre marque sera avant tout ce que les consommateurs décideront d’en dire. Son existence est à l’extérieur de l’entreprise. En étant attentif aux échanges des consommateurs, on peut comprendre des phénomènes qu’on ne trouverait pas nécessairement avec des études de marché ordinaires, et obtenir des réponses à des questions qu’on n’aurait pas même envisagées. Le volume d’information disponible pourra être impressionnant au moment de l’analyse, mais on pourra potentiellement dénicher des influenceurs.

2. En parlant…

On peut aussi aller au-delà de l’écoute et intervenir en « parlant », les technologies sociales ayant donné une toute nouvelle dimension au concept de bouche-à-oreille. Participer habilement  à la conversation constitue indéniablement un défi, mais pourra contribuer à influencer. Pour capter l’attention, une vidéo au potentiel viral pourra peut-être générer partages et commentaires; une participation active sur les réseaux sociaux favorisera les échanges avec les cibles et à la diffusion des messages-clés (dans la mesure où les cibles sont présentes sur les réseaux sociaux, évidemment!); un blogue transparent permettra de s’engager auprès d’autres blogueurs, de commenter et de répondre en même temps à d’autres internautes-lecteurs qui se posent les mêmes questions. Une communauté pourra contribuer au partage d’expériences similaires. En participant activement, de manière transparente et continue à la conversation, une marque pourra faire parler d’elle, faire parler les internautes entre-eux, communiquer des messages et atteindre ses cibles.

3. En énergisant…

Les consommateurs partagent sur le Web critiques et évaluations, par exemples sur des forums et communautés virtuelles. D’autres lisent ces commentaires et en seront influencés au moment de faire un choix. Il importe donc d’avoir une solide connaissance du noyau fort afin de pouvoir énergiser sa clientèle de façon efficace et appropriée, aux bons endroits.

4. En soutenant…

Sur le Web, les usagers auront souvent bien plus confiance entre eux qu’envers une entreprise. Ils auront ainsi tendance à s’entraider, par le biais notamment de forums de discussion, de wikis et de questions & réponses (Q&A). Pour une organisation, mettre en place de telles plateformes – que l’on pourrait comparer à des laboratoires – demande du temps. Il est essentiel de s’interroger quant à leur pertinence, tant pour l’organisation (qui, transformée, devra être capable de la faire vivre) que pour les éventuels usagers. L’une des difficultés sera qu’il y a davantage de consommateurs intéressés à lire que ceux qui participeront. Assurément, il n’est pas toujours nécessaire de bâtir de telles plateformes: parfois, il suffit de se joindre à une déjà existante – et ce n’est pas automatiquement polluer la discussion déjà existante. On aide alors les consommateurs à s’aider entre-eux. Et il ne faut pas oublier qu’ils s’attendront à une participation et à une écoute de l’entreprise.

5. En « embrassant »…

Le développement de produit, l’innovation, ce n’est pas chose facile. Pourquoi ne pas inclure les consommateurs dans ce processus? Après tout, ils sont bien au fait de leurs besoins et débordent souvent d’idées. L’innovation devient envisageable dans des délais plus courts, les idées étant générées rapidement. En plus de mobiliser les consommateurs, une telle participation pourra s’avérer, en bout de ligne, économique. Un avantage concurrentiel à ne pas négliger. Bien entendu, il ne suffit pas de demander: il faut montrer qu’on est engagé, qu’on a à cœur leurs suggestions.

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Peu importe la stratégie adoptée, on retiendra qu’une équipe expérimentée au niveau de l’observation, de l’analyse et de la diffusion de la connaissance au sein de l’entreprise est indispensable quant on aborde le Web de cette manière. Éduquer la direction de l’organisation sera, pour cette équipe, un incontournable.

Et la morale de l’histoire? Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Commencer plus modestement, mais de manière réfléchie, en planifiant une présence en ligne plus large à long terme. Car il s’agit davantage d’une façon d’être, plutôt qu’une simple façon de faire les choses.

À toute question réponse il y a. Ou presque. Les baleines trouvées depuis l’espace : la suite

À la suite de mon dernier billet, Martin Lessard, enseignant du cours CRM809 sur les enjeux des technologies émergentes, soulevait quelques interrogations. Voici donc une brève réflexion à ce propos, complétée de références éclairantes.

CRM809_Commentaire

Rappelons qu’une équipe de chercheurs, dirigés par le Dr Peter T. Fretwell ont publiés, en février dernier, les résultats concluants de leur travaux qui ont permis de recenser « à partir de l’espace » et de détecter de manière automatisée des baleines dans une péninsule argentine. On peut ainsi mesurer aujourd’hui la portée d’une telle recherche.

Je considère la démarche remarquable technologiquement parce que, justement, ces scientifiques ont su conjuguer des innovations au niveau de la prise d’images par satellite à un logiciel automatisé de reconnaissance et d’analyse. La rencontre de deux outils récents existants et poussés à leur paroxysme – du moins, à ce jour – ont ainsi permis d’obtenir, enfin, des résultats fiables dans ce champ d’expertise océanique. On est bien loin de la méthode standard consistant à survoler des étendues d’eau du regard – méthode « à la mitaine » qui s’avérerait à la fois longue, coûteuse et risquée.

L’imagerie satellite n’est pas chose nouvelle, et il semble que des tentatives de recensement aient été effectuées dans le passé. Mais elle atteint aujourd’hui des sommets de précision: on parle ici d’hyper haute résolution. Bien que lancé en 2009, le satellite Worldview-2 de Digital Globe, malgré les quelque 770 kilomètres qui le séparent de la terre, est en mesure de capter des objets d’une taille aussi petite que 50 cm. Il s’agirait d’un des outils d’observation terrestre les plus puissants à l’heure actuelle. Dans le cadre de l’étude du Dr Fretwell, le satellite a pu montrer non seulement les baleines franches australes à la surface de la péninsule, mais aussi celles nageant à une profondeur de 15 mètres. (!)

Pour la détection automatique des cétacés, les chercheurs ont notamment utilisés un logiciel ENVI5, combiné à un système de reconnaissance ArcGIS. La méthodologie est présentée en détail dans un jargon technique (mais somme toute intelligible) ici.

Si l’équipe de chercheur s’est, à cette étape, concentrée sur une zone géographique somme toute restreinte, on peut parier que le recensement automatisé pourra être envisageable sur des territoires plus vastes. « Un petit pas pour l’homme », disait l’autre… Certes, mais aussi une fenêtre ouverte sur d’infinies possibilités. Car n’oublions pas que l’imagerie par satellite et les logiciels de traitement d’images continueront de se perfectionner, et qu’une telle méthode de recherche pourra être utilisée dans d’autres domaines. Pour le meilleur et, espérons-le, pas pour le pire.

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En plus des résultats de la recherche, voici quelques articles additionnels consultés…

Imagerie satellite, baleines et reconnaissance automatique

En lisant cet article sur BBC News | Science & Environment et ce billet sur Mashable, on apprend qu’il est désormais possible de recenser les baleines dans les océans, à l’aide d’images satellites d’hyper haute résolution et d’un logiciel capable, seul (mais créé à cette fin), de détecter les individus de ces géants marins.

Les résultats de cette première étude fascinante (et réussie!) utilisant l’imagerie satellite et la reconnaissance automatique ont été dévoilés le 12 février dernier par le Dr Peter T. Fretwell, dans le journal PLOS ONE. S’il s’agit certes d’un premier pas, les travaux réalisés constitueraient un progrès immense pour estimer les populations de cétacés depuis l’espace et pour suivre leurs trajectoires sur un vaste territoire. Soulignons que les méthodes de recherche traditionnelles sont souvent bien plus coûteuses et risquées pour les scientifiques, en plus d’être davantage laborieuses.

Dans le cadre de leurs expérimentations, le Dr Peter T. Fretwell et son équipe ont recensé les baleines franches australes, dans le Golfo Nuevo de la Péninsule Valdés, à l’aide du WorldView-2, un satellite développé par Digital Globe, lancé en 2009 et reconnu pour sa précision et sa puissance. On peut apprécier ses caractéristiques techniques ici, tandis que sur une fiche descriptive du satellite, on peut  lire:

«The WorldView-2 system, offering incredible accuracy, agility, capacity and spectral diversity, allows DigitalGlobe to substantially expand its imagery product offerings to both commercial and government customers.» – Digital Globe

En plus d’images prises à partir du satellite, des logiciels de traitement d’image et de détection automatique ont été mis à profit par l’équipe de chercheurs.

Les résultats impressionnent: le système automatisé qui a été développé permet de détecter 89% des individus qui pourraient être comptés «manuellement» par l’humain. Bien entendu, les conditions météorologiques et la profondeur à laquelle se trouve chaque baleine franche australe, entre autres, peuvent avoir une incidence sur les résultats, mais sans doute dans une moindre mesure que lors de travaux réalisés de manière traditionnelle.

Certes…

Les travaux du Dr Fretwell sont inspirants et porteurs d’espoir. Avec les technologies qui ne cessent de se raffiner et les exigences humaines toujours plus poussées, il est indéniable que satellites et logiciels continueront aussi de s’améliorer: la résolution des images et la précision des analyses automatisées deviendront de plus en plus spectaculaires. À cet effet, le WorldView-3 sera, si la tendance se maintient, lancé cette année.

À plus long terme, il pourrait être possible de suivre et de recenser d’autres espèces dans d’autres types d’habitats, et ce à travers le globe. La méthode d’observation gagnera assurément en efficacité. Bonne nouvelle diront certains: les scientifiques seront enfin en mesure de surveiller des populations menacées pour mieux être en mesure de les protéger.

Petit bémol… Malgré les possibilités infiniment nobles qu’offrent un tel outil – entre autres la protection des écosystèmes, de la faune et des espèces menacées -, il ne faut pas omettre que tous n’ont pas nécessairement la même grandeur d’esprit… Un outil aussi puissant et précis me semble posséder un potentiel redoutable. Les usages pourraient être multiples – qu’il s’agisse d’instrument de surveillance, de chasse ou d’une arme -, parce que la science et les innovations technologiques ne sont pas nécessairement exclusivement réservées aux équipes de chercheurs. Et on se souviendra de toute la controverse entourant Google Street View…

Le perfectionnement à l’extrême d’un tel outil susciterait de nombreux questionnements quant aux limites et à l’éthique de son utilisation. Dans un monde où la technologie est, c’est ce que l’on souhaite, au service de l’humain, n’oublions pas qu’une quantité astronomique de données sont stockées. Bien que nous l’acceptions souvent, sommes nous conscients de l’ampleur des données et informations que nous générons? Et quel pourrait être l’impact sur nos vies si toute analyse devient un processus automatisé?

Cela dit, il est également possible que ma perception soit affectée par le visionnement frénétique de vieux films de la série James Bond, effectué tout récemment… 

Cœur mécanique, hippocampe à puce et main bionique

Cette semaine, plusieurs articles des blogueurs du cours CRM809 sur les enjeux des technologies émergentes ont porté sur des innovations technologiques dans le domaine de la médecine, et donc sur l’humain.

Dans la lignée de mon billet précédent abordant les Google Glasses, voici donc les liens vers 3 brefs commentaires portant sur 3 articles où technologies et corps humains deviennent intimement liés:

  1. Au sujet de la greffe permanente d’un cœur complètement artificiel chez un patient français sur le blogue de Joëlle St-Onge;
  2. Concernant la découverte d’une puce électronique qui aurait le potentiel de restaurer la mémoire humaine sur « Cynthia communique« ;
  3. À propos d’une main artificielle aux possibilités sensorielles, sur le blogue de Pauline Salaün.
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Voir la vie en rose? …Ou transformer l’humain en cyborg?

On ne s’en étonne plus: les objets connectés occupent une place grandissante dans nos vies. Et l’apex est loin d’être atteint. Parmi les innovations  explorées en 2013, les lunettes interactives de Google auront fait couler beaucoup d’encre virtuelle, comme en témoigne entre autres  cet article du Figaro sur le sujet.

Créées en 2012 selon un concept datant du début des années 2000, les Google Glasses ont finalement pu être expérimentées dès janvier 2013 par des volontaires américains. Coût d’achat d’un prototype de ces lunettes interactives permettant de naviguer discrètement dans une réalité augmentée? 1500$.

Si la phase d’expérimentation se poursuit, grâce à The Glass Explorer Program, la commercialisation de ce gadget serait attendue au cours de 2014. Et Business Insider prévoit que le marché des lunettes connectées dépasse les 10 milliards de dollars d’ici 2018.

Au sujet de la chose

Les Google Glasses comprennent une caméra photo et vidéo, un microphone et un écouteur, un pavé tactile et l’action vocale, un écran, un GPS, un accès internet Wi-Fi, Bluetooth et 3G, un écouteur et un espace de stockage de données. Le Monde | Technologies a d’ailleurs fait une évaluation vidéo intéressante de l’objet.

En plus de faire le lien avec les différentes fonctionnalités Google, il est possible d’envoyer des messages, d’interagir avec ses contacts, de tweeter, de faire des vidéo conférences et d’accéder rapidement à des informations pour simplifier et bonifier son quotidien. Contrairement aux téléphones intelligents où l’utilisateur a (normalement) les yeux rivés à son écran pour effectuer une tâche, les Google Glasses sont porteuses de liberté et permettraient de demeurer dans le monde réel, mais avec une valeur ajoutée si chère au 21e siècle, celle de rester en ligne.

Plus qu’un simple bidule, ces lunettes ont été présentées dans le magasine Vogue. Bien que le résultat visuel soit plutôt futuriste et surprenant, la technologie franchit ici une nouvelle étape: l’objet connecté devient ainsi donc un accessoire mode. Une mode bien singulière, diront certains.

Quelques pistes de réflexions…

Si les Google Glasses fascinent, elles génèrent néanmoins leur lot de craintes et d’oppositions.

En matière de confidentialité et de droit à la vie privée, le grand public pourra se demander s’il risque d’être filmé et photographié constamment et à son insu aussitôt qu’il entrera dans le champ de vision d’un porteur de ces lunettes interactives. Les Google Glasses pourraient devenir davantage intrusives si des applications de reconnaissance faciale sont mises de l’avant. Les données et images qui s’enregistrent  sur les serveurs titanesques de Google constituent également un enjeu de taille: avec la synchronisation, l’usager y laisserait des traces, les siennes et celles de ceux qui l’entourent. Des zones où les discrètes Google Glasses ne sont pas acceptées pourraient voir le jour, pour garantir une certaine intimité. Elles pourraient être interdites dans des bars où l’on ne souhaite pas nécessairement être vus (retracés par la machine « googlelienne ») ou dans les établissements d’éducation afin d’éviter toute procédure frauduleuse de la part des étudiants lors d’évaluations.

En matière de droits d’auteur et de droit à l’image, il y a aussi lieu de se questionner. Le port des lunettes Google au cinéma, au théâtre ou lors de toute sortie culturelle serait-il à proscrire, surtout s’il  est si facile de filmer à l’insu des autres? La reproduction et la diffusion illégales d’œuvres d’art deviendraient un jeu d’enfant, tandis que les risques de retrouver son visage là où on n’y a pas consenti seraient accrus.

Sur la route, il est indéniable que les lunettes Google représentent un potentiel de distraction. Une automobiliste californienne a d’ailleurs été prise sur le fait en janvier dernier. De nouvelles législations en matière de sécurité routière pourraient donc voir le jour et être appliquées.

Avec la phase d’exploration et d’expérimentation amorcée en 2013, les Google Glasses continuent d’évoluer. Deviendront-elles une invention  qui transformera les humains en organismes cybernétiques aux capacités accrues? Qu’à cela ne tienne, pour Google, l’un des défis sera de rendre l’objet crédible afin d’en faire autre chose qu’un accessoire tout droit sorti d’une saga intergalactique.

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Ce blogue n’est assurément pas le seul de la blogosphère.

Cette semaine, désir irrésistible de commenter des billets d’autres blogueurs du cours CRM809 – ce fameux cours universitaire sur les enjeux des technologies émergentes.

Voici donc les liens vers trois courtes réflexions, suivant la lecture de trois publications de trois auteurs sur trois blogues différents.

  1. À propos du choix d’un choix de lecture sur le blogue « Cynthia communique »
  2. Sur un billet publié par Edouard Sylvestre sur son « Blogue académique »
  3. À propos de la section « À propos« , sur le blogue de Joanie Mailhot.

Trois blogues à découvrir, si ce n’est déjà fait.

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Parce qu’il faut bien lire des livres aussi…

Oui, naviguer sur le Web, c’est chouette. Seulement, rien de tel que de renouer avec les bons vieux livres imprimés, surtout lorsqu’ils traitent de technologies émergentes.

Dans le cadre d’une évaluation universitaire, le moment est tout indiqué pour plonger dans les quelque 300 pages de Groundswell, livre écrit par Charlene Li et Josh Bernoff. Rangé dans ma bibliothèque depuis sa réédition en 2011, je n’avais toujours pas eu l’occasion d’en faire la lecture. L’ouvrage, dont je n’ai entendu que des éloges de la part de collègues, est également complémenté par un blogue. Par ailleurs, le livre a été acclamé par la critique, notamment par Advertising Age.

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Qu’entend-on par le terme « groundswell »? Selon les auteurs, il s’agit d’une tendance sociale par laquelle les gens utilisent les technologies pour obtenir ce dont ils ont besoin grâce aux autres, plutôt que grâce aux entreprises traditionnelles. Et cette tendance ne cesserait de s’accélérer et gagner en importance.

Li et Bernoff abordent les défis auxquels sont confrontées les organisations présentes en ligne, dans un environnement où tout évolue à une vitesse fulgurante et où il est impossible de tout contrôler. Les auteurs traitent de la participation des consommateurs, de la manière de créer un lien, de susciter leur participation en ligne et d’en tirer profit au sein d’une stratégie globale. Car il ne faut pas oublier que la plus grande force sur internet, ce sont les internautes – il créent et partagent des contenus sur de nombreuses plateformes. De nombreux exemples et études de cas illustrent les propos, de sorte qu’il est possible, pour le néophyte, de s’y retrouver dans ces nouvelles technologies et de saisir rapidement les notions présentées.

Les premières pages sont parcourues; un compte rendu sommaire suivra dans quelques semaines.

À suivre sur ce blogue, très bientôt…

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Quelques mots à mon propos…

Nous y voici : mise en ligne de mon tout premier blogue, initié dans le cadre d’un cours universitaire.

Mon parcours…

D’abord pianiste , je détiens notamment une maîtrise en musique de l’Université de Montréal. Puis, j’ai décidé de me tourner vers un domaine qui m’avait attiré tout au long de mon parcours académique, celui des communications et des relations publiques. D’où provenait cet intérêt ? De près de sept années passées au service des communications d’une grande entreprise montréalaise, parallèlement à mes études. J’ai donc complété une formation universitaire en communication à l’UQÀM avant de commencer le diplôme de deuxième cycle de l’Université de Sherbrooke. En parallèle (parce qu’assurément, ne faire qu’une seule chose à la fois ne me suffit jamais), j’ai été concepteur-rédacteur et gestionnaire de projet chez Tandem communication événementielle, et président d’un comité de jeunes à l’Opéra de Montréal. Et, depuis maintenant tout juste une année, j’occupe le poste de rédacteur et coordonnateur des programmes au service des relations publiques de l’Orchestre symphonique de Montréal, où je conjugue allègrement et quotidiennement mon amour de la musique classique à celui des communications et des mots.

Pour me suivre

Quelques sources stimulantes

Parce que le Web et les réseaux sociaux regorgent de sources intéressantes qui nous permettent de demeurer à l’affût des nouveautés, quelques suggestions:

Bien entendu, les propos publiés sur ce blogue n’engagent que moi.

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«Vers l’infini et plus loin encore!»

Dans une équipe de travail, on a parfois le sentiment qu’il existe une dichotomie irréconciliable entre le gestionnaire de projet et l’équipe de création (ou les «créatifs»). Pourtant, dans le cadre de projets de communication, l’expertise de chacun, partagée et mise à profit dans un climat d’ouverture, de confiance et de respect, pourra contribuer de manière significative à la réussite du mandat à réaliser. Un effort commun pour une victoire conjointe (au bénéfice du client, bien évidemment!) qui ira au-delà des normes et conventions, tout en visant juste.

Appelés à collaborer pour la production de livrables qui non seulement se démarqueront par leur originalité, mais dont l’unicité mûrement réfléchie devra permettre l’atteindre les objectifs visés par le client, gestionnaires et créatifs doivent donc apprendre à se comprendre. Les «trips créatifs» sans fondement et les «power trips» du businessman sont à proscrire, et voués à l’échec.

Mais comment faire en sorte que ces deux mondes qui semblent parfois situés à des années lumières l’un de l’autre puissent se rencontrer? Bien entendu, on aura souvent vu les stéréotypes du créateur éparpillé non ponctuel pour qui un chaos inspirant est intimement lié à l’émergence naturelle d’idées nouvelles, et celui du chargé de projet aussi précis qu’un horloger et si rigoureux qu’il classe ses chaussettes par ordre de couleur dans un semainier.

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Pourtant, ces deux « espèces » ont besoin l’une de l’autre dans tout projet de communication. Ainsi, comment faire en sorte que la création s’épanouisse pleinement dans un écosystème harmonieux sans pour autant perdre de vue les balises inévitables qui définissent le projet?

Comme le souligne Shanie Poliquin de l’agence CART1ER dans une capsule Infopresse, le travail du directeur de comptes ou du chargé de projet est un peu comme celui du chef d’orchestre. Toutefois, rappelons que si son rôle premier est de structurer le travail à réaliser auprès de tous les intervenants et en regard des paramètres budgétaires et temporels, il doit à tout prix s’abstenir de prendre toute la place, de faire la sourde oreille et d’imposer une vision hermétique à l’équipe qu’il supervise.

La microgestion n’est certes pas l’avenue à privilégier. Et le contrôle absolu de tous les paramètres ne donnera pas nécessairement un résultat aussi «out of the box» que souhaité : à force de trop mettre son nez partout, le gestionnaire impose des limites qui font suffoquer le projet.

Comme l’écrit Victor Lipman dans un billet pour le Forbes, tout gestionnaire ne doit pas faire uniquement confiance à ses propres goûts, instincts ou rêves. Pour favoriser la création, il faut être en mesure d’installer un environnement motivant qui y sera propice . Un environnement qui, dans le cadre d’un projet donné, encouragera une création en parfaite symbiose avec les objectifs stratégiques identifiés et avec le contexte dans lequel ledit projet sera déployé. La vision du gestionnaire doit donc être fédératrice, encourageant le partage d’idées sans mettre de pression inutile. Oui, il faut que le projet se concrétise. Mais il faut faire en sorte que les conditions dans lesquelles germera la semence créatrice en rendent possible la floraison. L’équation est simple.

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Une gestion ouverte et un breffage clair et précis fourni aux créateurs leur permettront de trouver la meilleure avenue à emprunter. Une avenue réfléchie, surprenante et au potentiel riche qui pourra conduire le projet (comme disait l’autre) « vers l’infini et plus loin encore! »

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