À toute question réponse il y a. Ou presque. Les baleines trouvées depuis l’espace : la suite

À la suite de mon dernier billet, Martin Lessard, enseignant du cours CRM809 sur les enjeux des technologies émergentes, soulevait quelques interrogations. Voici donc une brève réflexion à ce propos, complétée de références éclairantes.

CRM809_Commentaire

Rappelons qu’une équipe de chercheurs, dirigés par le Dr Peter T. Fretwell ont publiés, en février dernier, les résultats concluants de leur travaux qui ont permis de recenser "à partir de l’espace" et de détecter de manière automatisée des baleines dans une péninsule argentine. On peut ainsi mesurer aujourd’hui la portée d’une telle recherche.

Je considère la démarche remarquable technologiquement parce que, justement, ces scientifiques ont su conjuguer des innovations au niveau de la prise d’images par satellite à un logiciel automatisé de reconnaissance et d’analyse. La rencontre de deux outils récents existants et poussés à leur paroxysme – du moins, à ce jour – ont ainsi permis d’obtenir, enfin, des résultats fiables dans ce champ d’expertise océanique. On est bien loin de la méthode standard consistant à survoler des étendues d’eau du regard – méthode "à la mitaine" qui s’avérerait à la fois longue, coûteuse et risquée.

L’imagerie satellite n’est pas chose nouvelle, et il semble que des tentatives de recensement aient été effectuées dans le passé. Mais elle atteint aujourd’hui des sommets de précision: on parle ici d’hyper haute résolution. Bien que lancé en 2009, le satellite Worldview-2 de Digital Globe, malgré les quelque 770 kilomètres qui le séparent de la terre, est en mesure de capter des objets d’une taille aussi petite que 50 cm. Il s’agirait d’un des outils d’observation terrestre les plus puissants à l’heure actuelle. Dans le cadre de l’étude du Dr Fretwell, le satellite a pu montrer non seulement les baleines franches australes à la surface de la péninsule, mais aussi celles nageant à une profondeur de 15 mètres. (!)

Pour la détection automatique des cétacés, les chercheurs ont notamment utilisés un logiciel ENVI5, combiné à un système de reconnaissance ArcGIS. La méthodologie est présentée en détail dans un jargon technique (mais somme toute intelligible) ici.

Si l’équipe de chercheur s’est, à cette étape, concentrée sur une zone géographique somme toute restreinte, on peut parier que le recensement automatisé pourra être envisageable sur des territoires plus vastes. "Un petit pas pour l’homme", disait l’autre… Certes, mais aussi une fenêtre ouverte sur d’infinies possibilités. Car n’oublions pas que l’imagerie par satellite et les logiciels de traitement d’images continueront de se perfectionner, et qu’une telle méthode de recherche pourra être utilisée dans d’autres domaines. Pour le meilleur et, espérons-le, pas pour le pire.

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En plus des résultats de la recherche, voici quelques articles additionnels consultés…

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